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Relance du logement : plus de constructions, plus de déménagements ?

Nabil
Actualités
12 min
Visuel explicatif Des Bras En + illustrant l'impact de la relance du logement sur le secteur du déménagement.

Quatre cent mille nouveaux logements sortiront de terre chaque année. Voilà la promesse de la relance du logement. Le chiffre impressionne. Derrière cette donnée spectaculaire et le balai des grues, une interrogation demeure toutefois fondamentale. La construction massive garantit-elle une hausse réelle des déménagements ? La réalité s’avère plus nuancée.

Chaque livraison de logement neuf déclenche une réaction en chaîne sur le marché. Un acquéreur se déplace, ouvre une vacance et débloque un parcours résidentiel jusque-là figé. Le mécanisme s’enclenche, mais le moindre rouage grippé peut bloquer l’ensemble du processus. Voici ce que révèle cette mécanique et ses conséquences directes sur votre futur projet de déménagement.

Mesures gouvernementales : décryptage de la stratégie nationale

Pour concrétiser ces ambitions de construction, l’État a structuré sa réponse autour d’un programme massif. Le 23 janvier 2026, le gouvernement a lancé son plan de relance du logement. Une trajectoire de 400 000 logements créés chaque année. Ce rythme doit permettre d’atteindre le seuil des deux millions de logements neufs d’ici 2030. Dès 2026, le dispositif vise 50 000 logements locatifs privés et 125 000 logements sociaux.

L’incitation fiscale constitue le moteur central de cette politique publique. Le ministre du Logement prévoit ainsi un gain annuel de 50 000 logements et plus de 500 millions d’euros de recettes fiscales directes. Autrement dit, l’État fait le pari de l'investissement des particuliers pour financer l'effort de construction.

État des lieux du BTP : le décalage entre le plan et le terrain

Malgré la mobilisation de l’épargne privée vantée par le ministère, les chantiers ne suivent pas encore cette cadence. Les sources statistiques divergent parfois sur le détail des révisions et des périmètres mesurés. Tous les experts s’accordent néanmoins sur la conclusion générale. La dynamique de la relance du logement demeure encore très faible.

Indicateur clé

Valeur mesurée

Analyse du marché

Logements construits en 2024

282 500

Niveau éloigné de la cible de 400 000.

Mises en chantier (avril 2025 – mars 2026)

Un peu moins de 280 000 (−17,5 % vs moyenne récente)

Reprise encore timide sur le terrain.

Mises en chantier 2025 (autre source)

302 000 (pour une cible de 420 000)

Même constat de sous-performance.

Réservations de logements collectifs (T2 2026)

−23,6 % sur un an

Prudence marquée du côté des promoteurs.

Réservations d'investisseurs particuliers

+13,4 %

Frémissement encourageant chez les particuliers.

Pendant ce temps, le nouveau statut du bailleur privé peine encore à produire ses premiers effets sur le terrain. Du premier coup de pioche à la signature de l’état des lieux d’entrée, le parcours de construction s’étire sur plusieurs années. De même, les mouvements résidentiels issus de cette relance s’échelonneront donc sur le long terme. Que vous prépariez un départ imminent ou une mobilité future, planifiez chaque étape avec les solutions logistiques de Des Bras En Plus.

Un logement neuf, trois déménagements : l’effet multiplicateur

Si les chantiers demandent du temps, leur achèvement déclenche en revanche un effet de chaîne saisissant sur le marché. Prenons un cas très concret. Un couple quitte son 40 m² loué pour un trois-pièces neuf. Une étudiante récupère le logement ainsi libéré. Le studio qu’elle occupait revient alors à un jeune actif. Une seule remise de clés met trois familles en mouvement, sollicitant autant de véhicules de déménagement.

Précisons qu'il s’agit d’un modèle illustratif et non d’un chiffre officiel. Les données disponibles en France ne permettent pas encore de mesurer la portée exacte de ce phénomène. Le principe de relance du logement conserve cependant toute sa pertinence. Injecter du neuf revient à créer de la fluidité à tous les étages du parc ancien. Des travaux menés sur Madrid et Séville démontrent cette corrélation. L’abondance d’offres neuves dans ces municipalités a dopé les flux résidentiels jusqu’à surdimensionner le parc.

Le grain de sable, c’est aussi l’immobilité résidentielle

Si la mécanique en chaîne semble idéale en théorie, elle se heurte dans les faits à une réalité bien plus tenace. Pour qu’une cascade de déménagements ait lieu, encore faut-il que chaque maillon accepte de céder sa place. Les chiffres de la mobilité brossent dans ce contexte un tableau très contrasté. Les propriétaires occupants demeurent les plus sédentaires. Le statut d’occupation joue un rôle déterminant, comme le montrent les taux de rotation :

  • Propriétaires occupants : environ 3,5 % de rotation annuelle.
  • Dans le locatif privé : près de 18 % des logements changent d’occupants chaque année.
  • Locataires du parc social : 7,3 % en 2023, contre 10,3 % en 2011.
  • Dans certaines régions, la rotation du parc HLM descend même sous les 2 %.

Cette inertie généralisée ne doit rien au hasard. Elle résulte de freins économiques et structurels bien identifiés par les experts. L’évolution des prix locatifs agit comme un premier repoussoir. LOFCE pointe que les sauts de loyer à la relocation participent à l’érosion de la mobilité. Le second frein touche à la panne des ascenseurs résidentiels. Près des trois quarts des locataires HLM expriment le souhait d’acheter. Mais la proportion globale de propriétaires stagne, passant même de 57,8 % à 57 %.

L’enjeu est donc énorme. Gagner un point de mobilité dans le social augmenterait de 60 % l’offre annuelle de logements. Les économistes le soulignent avec force : la relance du logement par la seule construction massive ne suffit pas à déclencher ce mouvement.

Le statut du bailleur privé : le retour des mobilités légères

Pour déclencher des mobilités concrètes, la stratégie publique mise massivement sur le retour des investisseurs particuliers. C’est même le cœur du dispositif gouvernemental. Un particulier achète un logement neuf, le loue, et bénéficie d’un avantage fiscal. En échange, il s’engage à le louer en résidence principale pendant 9 ans.

Pour la logistique du déménagement, l’effet sur le terrain s’avère immédiat. Un investisseur qui livre un logement… à un locataire. Donc à un ménage qui déménage. Les jeunes adultes demeurent les plus mobiles dans les petites surfaces locatives. L’arrivée de ces logements neufs profitera avant tout aux étudiants et aux jeunes couples. Des profils qui déménagent léger, habituellement le week-end, parfois avec des amis.

Le Prêt à Taux Zéro pour transformer des locataires en propriétaires

Si le statut du bailleur privé cible les locataires, l’élargissement du PTZ vise quant à lui à transformer ces occupants en propriétaires. Complémentaire de l’investissement locatif, ce prêt, sur lequel s’appuie la relance du logement, a été élargi. L’accès à ce levier englobe désormais la totalité du parc neuf national. Cela concerne aussi les biens anciens à réhabiliter hors des métropoles. Pour ce dernier cas, le projet doit obligatoirement intégrer 25 % de travaux de rénovation énergétique.

Cette aide financière s’adresse directement aux locataires désireux de devenir propriétaires. Ceux-là quittent leur logement locatif, relançant la mécanique des déménagements. Cette mesure permet également à certains occupants du parc HLM de devenir propriétaires de leur résidence. Certains courtiers y voient d’ailleurs une amélioration de la mobilité résidentielle, en quittant une location pour acheter. C’est un maillon de plus dans la chaîne.

Mais les experts restent prudents. Le PTZ pourrait aussi exercer une pression à la hausse sur les prix dans certaines zones tendues. Un afflux de demandes financées par l’État peut faire grimper les prix dans les secteurs saturés. Cette hausse risque de neutraliser les bénéfices attendus sur la rotation du parc. L’effet sur la mobilité n’est définitivement pas mécanique.

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Logements énergivores, quel impact sur la mobilité des ménages ?

Aux règles de financement classiques s’ajoute désormais l’exigence de performance énergétique des bâtiments. Le changement ne s’est pas fait en une seule fois. Année après année, le calendrier écarte progressivement les logements les plus énergivores de la location classique. Les échéances s’enchaînent. Chacune faisant entrer une nouvelle catégorie de logements dans le viseur.

Premiers concernés : les logements dits « super-passoires » qui dépassent 450 kWh/m²/an. Ces biens classés G+ ont alors été exclus du marché locatif depuis janvier 2023. La suite est programmée. Les habitations F seront concernées en 2028, puis les E en 2034.

Le mouvement est donc progressif, mais ses effets peuvent être très concrets. Il ne concerne pas seulement les propriétaires de passoires thermiques. Pour certains bailleurs, ce délai signifie travaux et rénovation. Pour d’autres, vente ou changement de stratégie. Les locataires devront, eux, préparer leurs cartons.

Typologie des mobilités : qui sont les nouveaux candidats au départ ?

Au-delà des grands indicateurs statistiques, le changement d’adresse s’incarne dans des trajectoires personnelles bien précises. Plusieurs profils se détachent. L’analyse des prestations chez Des Bras En Plus montre comment ces dynamiques individuelles façonnent le paysage immobilier actuel.

Profil d’habitant

Moteur du changement

Pour aller plus loin

Étudiant et jeune actif

Dynamisme du parc locatif neuf de petite taille

Coliving : une nouvelle façon d’habiter

Salarié en mission

Besoins de mobilité professionnelle temporaire

Déménager en bail mobilité

Frontalier et expatrié

Choix stratégiques de résidence selon le pouvoir d’achat

Où déménager quand on travaille à l’étranger

Senior

Redimensionnement de l’habitat lors du passage à la retraite

Déménager à la retraite

Habitant d’une métropole en chantier

Attrait pour la régénération urbaine et les grands projets

Euroméditerranée et Marseille

Parmi l’ensemble de ces profils, le cas des seniors appelle une attention toute particulière. Ce sont majoritairement les retraités qui détiennent les surfaces familiales dont le marché manque cruellement. Un retraité qui part libère un quatre-pièces pour des parents avec enfants. Ce départ redonne un souffle immédiat au parcours résidentiel local. Encore faut-il que le logement de remplacement existe, et que le déménagement soit simple.

Déménager à la retraite demande donc de réfléchir autant au nouveau logement qu’aux biens à transporter. Pour ce type de transition, Des Bras En Plus propose plusieurs niveaux d’accompagnement pour adapter la prestation au projet.

Et l’emploi dans tout ça ?

Après l’analyse des parcours de vie, l’impact de l’immobilier sur l’économie du travail dicte son propre constat. La mobilité résidentielle et la mobilité professionnelle vont de pair. Une étude de référence du Crédoc montrait que 61 % des actifs envisageaient un changement de région pour des raisons professionnelles. Et que la hausse des prix de l’immobilier freinait ce choix pour sept salariés sur dix.

Et que la hausse des prix de l'immobilier freinait ce choix pour sept salariés sur dix. Des loyers prohibitifs ou un manque de disponibilités conduisent inévitablement au refus d’un contrat. L’implantation de logements neufs dans les bassins d’emploi dynamiques apporte une réponse concrète à cette tension. Cette fluidité retrouvée garantit une reprise mécanique des déménagements.

Prospective immobilière : construire ne suffit pas sans fluidité

L’efficacité de la relance du logement repose sur un équilibre délicat entre quantité et circulation du parc. Soyons lucides. Trois scénarios sont possibles.

  • Le premier scénario, le plus fluide, voit la relance des chantiers stabiliser les loyers à la relocation. Les propriétaires comme les locataires sociaux acceptent de bouger, remettant la chaîne des déménagements en mouvement.
  • Le deuxième scénario incarne le blocage. On construit, aux mauvais endroits, avec des loyers trop élevés. Naturellement, les logements neufs restent inoccupés et les ménages renoncent à leur projet.
  • Le troisième scénario reproduit la dérive espagnole. Les communes surenchérissent, le parc enfle, la mobilité ne suit pas.

L’Île-de-France montre la gravité du risque. La faiblesse des mises en chantier entre 2006 et 2013 y a durablement bridé les déménagements. Et qui dit moins de neuf, dit moins de mouvements. C’est établi. Augmenter le volume d’habitations est certes vital, mais l’emplacement et le prix dictent la réussite finale.

Si vous déménagez bientôt : 8 étapes logistiques pour réussir votre installation

Pendant que les économistes débattent, vous avez peut-être un bail à résilier ou un nouveau trousseau de clés à récupérer. Voici nos conseils pour réussir votre transition :

  • Réservez tôt. Selon Des Bras en Plus, s’y prendre au moins un mois à l’avance peut permettre d’économiser jusqu’à 30 %. Si le calendrier de livraison de votre logement glisse, privilégiez une date flexible.
  • Choisissez le bon jour. Le samedi est très demandé. En semaine, les tarifs peuvent être plus avantageux.
  • Faites le tri. Vendez ou donnez ce qui ne vous servira plus. Le volume à transporter diminuera.
  • Partagez le transport si possible. Pour un petit chargement, partager le camion peut réduire les frais. L’économie annoncée peut atteindre 50 % selon les conditions.
  • Sécurisez vos biens. Vérifiez l’assurance, la déclaration de valeur et les délais à respecter en cas de dommage.
  • Préparer les appareils à batterie : les vélos électriques et les trottinettes nécessitent des précautions adaptées.
  • Chiffrez l’ensemble. Le devis en ligne aide à cadrer le budget. Ajoutez-y les cartons, les fournitures et les éventuels frais de stockage.

Une relance progressive qui exige d’anticiper

Une fois ces conseils logistiques intégrés, l’analyse globale du marché impose une conclusion lucide. La relance du logement peut remettre des ménages en mouvement. Mais à trois conditions.

  1. Des logements effectivement livrés. Les objectifs de construction doivent se traduire sur le terrain.
  2. Les loyers doivent permettre aux locataires de changer d’adresse sans s’exposer à une facture trop lourde.
  3. Un parc social plus mobile. Une meilleure rotation pourrait permettre à davantage de ménages d’accéder à un logement adapté.

L’onde de choc ne sera donc pas immédiate. Le décalage entre les intentions politiques et la remise des clés s’inscrira sur plusieurs exercices. Que la relance tienne ses promesses ou pas, votre déménagement, lui, aura bien lieu.

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